Les outils de traçage sur le cuir

Les outils de traçage sur le cuir

Il est souvent nécessaire de tracer ou marquer le cuir, pour tracer une ligne de couture, pour marquer les points de couture ou les lignes de pliage...

Il est presque toujours nécessaire de tracer ou de marquer le cuir avant de le couper, de le coudre ou de le décorer. Le traçage permet de reporter les lignes de coupe d’un patron, de définir une ligne de couture à distance régulière du bord, de positionner les points de couture que l’on piquera ensuite à l’alêne, de marquer les lignes de pliage d’un rabat ou d’un soufflet, ou encore de dessiner les contours d’un motif avant le repoussage du cuir. Un tracé précis conditionne la qualité de toutes les étapes suivantes : une ligne de couture irrégulière ou un patron mal reporté se voient immédiatement sur la pièce finie, et le cuir ne pardonne pas, car une marque trop profonde ne s’efface pas. Pour chacune de ces tâches, il existe un outil de traçage adapté, que l’on choisit selon la précision recherchée, la nature du cuir et le type de marque souhaité, qu’il s’agisse d’un simple repère superficiel ou d’un véritable sillon.

  • Reproduire un patron

Pour reporter un patron sur le cuir, on utilise une pointe à tracer ou un compas à pointe sèche. La pointe à tracer, aussi appelée pointe sèche, est un outil qui marque légèrement la surface du cuir afin d’indiquer les lignes de coupe. Elle se présente généralement sous la forme d’une pointe métallique fine emmanchée dans du bois, ce qui offre une bonne prise en main et permet de suivre le bord d’un patron en carton, en papier épais ou en plastique, que l’on maintient fermement sur le cuir pendant le traçage. Contrairement à un crayon ou à un stylo, elle ne laisse aucune trace d’encre : elle imprime un fin sillon dans la fleur du cuir, ce qui évite les traces indélébiles sur la pièce finie et reste parfaitement visible sous un éclairage rasant.

Le compas à pointe sèche sert, lui, à reporter les cotes du patron directement sur le cuir. Il doit son nom au fait qu’il n’écrit pas : ses deux branches se terminent par des pointes métalliques qui marquent légèrement le cuir sans le tacher. Il permet de tracer des arcs de cercle, des angles arrondis ou des rayons réguliers, de reporter une distance identique à plusieurs endroits d’une pièce, ou de diviser un segment en parts égales, par exemple pour répartir des rivets, des œillets ou des points de décoration. Une fois l’écartement réglé et verrouillé, on peut le reproduire autant de fois que nécessaire avec la même exactitude, ce qui garantit la symétrie des pièces.

Ci dessous : Compas pointe sèche et pointe à tracer

Compas pointe séchePointe à tracer

Outils pour tracer sur le cuir

  • Tracer les lignes de couture

Afin de créer une ligne de couture rectiligne et à égale distance du bord du cuir, on utilise un traçoir ou une rainette. La rainette est généralement préférée au traçoir, car elle ne se contente pas de marquer le cuir : elle creuse un sillon dans lequel on vient noyer le fil de couture. Le fil se trouve ainsi protégé du frottement et de l’abrasion, ce qui limite son usure prématurée et prolonge la durée de vie de l’ouvrage, notamment sur les pièces soumises à de fortes sollicitations comme les ceintures, les sacs, les sangles ou les articles de sellerie. Très facile d’utilisation, la rainette, dont le guide s’appuie contre le bord du cuir, permet de réaliser une ligne de couture bien droite et à une distance toujours régulière du bord, qu’il suffit de régler une fois pour toutes selon l’épaisseur du cuir et du fil.

Le traçoir ajustable remplit une fonction voisine, mais il se contente d’imprimer une marque sur le cuir sans creuser de sillon. Il se règle à la distance voulue du bord et peut servir à tracer une ligne de couture lorsque le fil n’a pas besoin d’être noyé, à marquer une ligne de pliage ou à dessiner une ligne de coupe parallèle au bord. Sa polyvalence en fait un outil de base dans la plupart des ateliers, et son effet superficiel le rend particulièrement adapté aux cuirs fins ou aux pièces où l’on souhaite conserver la fleur intacte.

Une fois la ligne de couture tracée, on matérialise les points de couture avec la molette à marquer, appelée aussi roulette à marquer, roulette à piquer ou molette de couture. Elle imprime à intervalles réguliers de petites marques à l’endroit où l’on percera ensuite le cuir, à l’alêne ou au poinçon, pour réaliser la couture manuelle. Les points obtenus sont alignés sur la ligne de couture et tous à égale distance les uns des autres, ce qui donne à l’ouvrage un aspect régulier et professionnel, et facilite le passage de l’aiguille et du fil. L’espacement de la molette, exprimé en millimètres, se choisit en fonction de la taille de la pièce, de l’épaisseur du cuir et du fil utilisé : un pas plus serré donne une couture plus fine et plus dense, un pas plus large une couture plus marquée et plus rapide à réaliser.

Que ce soit pour la rainette ou pour la molette à marquer, il existe, selon les fabricants, différentes versions de ces outils. Les rainettes sont proposées avec ou sans guide, ce qui change la façon de référencer le bord du cuir et le confort d’utilisation. Les molettes existent à taille fixe, ou avec des roulettes interchangeables permettant de changer d’espacement de points sans acheter plusieurs outils. Le choix dépend de la fréquence d’utilisation, des types de projets envisagés et du niveau de polyvalence recherché.

Ci dessous : Rainette, molette à marquer

La rainetteLa molette à marquer le cuir

  • Créer des motifs ou dessins sur le cuir

Lorsque l’on souhaite créer un dessin sur le cuir, il faut d’abord en tracer les contours avant de passer au repoussage, c’est-à-dire au travail aux matoirs qui met le motif en évidence par des effets de relief. Le tracé initial se fait avec le traçoir, qui permet de dessiner finement les contours du motif sur le cuir préalablement humidifié, soit à main levée, soit à travers un calque ou un transfert. Ce tracé sert de guide pour toute la suite du travail : sa précision détermine la netteté du motif final.

Pour mettre en évidence le dessin, on incise ensuite légèrement le cuir avec le couteau à ouvrir, également appelé couteau à inciser, couteau pivotant ou swivel. Sa lame, montée sur un axe rotatif, suit naturellement les courbes sans à-coups. On le passe sur tous les contours du dessin afin d’y réaliser une incision, qui doit rester superficielle et régulière, limitée à la couche externe du cuir. Cette incision est une étape irréversible, d’où l’intérêt de s’entraîner au préalable sur des chutes. Elle permet ensuite le travail aux matoirs, qui ouvrent l’incision et mettent le motif en valeur par des effets de relief, donnant au dessin toute sa profondeur.

Ci dessous : Traçoir et couteau à ouvrir

TraçoirCouteau à ouvrir

Outil pour tracer et dessiner sur le cuir

  • En résumé

Bien tracer le cuir est la base de tout ouvrage réussi. La pointe à tracer et le compas à pointe sèche permettent de reporter fidèlement un patron, la rainette ou le traçoir ajustable définissent une ligne de couture régulière, la molette à marquer matérialise des points parfaitement espacés, et le traçoir associé au couteau à ouvrir prépare le repoussage d’un motif. Chacun de ces outils répond à un besoin précis, et leur maîtrise garantit des coutures droites, des pièces symétriques et des décors nets. Un tracé soigné en amont évite les corrections impossibles sur un cuir qui garde toutes les marques, et c’est ce qui distingue un ouvrage d’apparence artisanale d’une pièce véritablement professionnelle.

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